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14 mars 2020

Le musée des Beaux-Arts


Cette splendide demeure de style Renaissance italienne a été construite pour le compte de la princesse ukrainienne Elisabeth Vassilievna, épouse du prince Lev Viktorovitch Kotchoubeï (1810-1890). 
Amoureuse de Nice, la princesse Kotchoubey s’y installe 1859. Séduite par la beauté du site des Baumettes, elle achète en 1878 un vaste terrain pour y réaliser sa résidence de vacances. Mais, en 1883, elle vend la villa inachevée à l'industriel américain James Thompson. Ce dernier charge l’architecte Constantin Scala de terminer les travaux et en fait un haut lieu de la vie mondaine azuréenne jusqu’à son décès en 1897.

En 1922, la propriété est acquise par un promoteur qui lotit le terrain. Il rétrocède la demeure à la municipalité qui y inaugure en 1928 le musée des Beaux-Arts “Jules Chéret”. L’édifice comporte deux étages avec un escalier monumental et un superbe patio, ancien jardin d’hiver, agrémenté d’une haute verrière Belle Époque. Les façades et les toitures de l'édifice sont inscrites au titre des monuments historiques par arrêté du 17 décembre 1976.

Au rez-de-chaussée : peintures néoclassiques du XIXe siècle, oeuvres orientalistes du début du XIXe, une grande salle dévolue à la dynastie des Vanloo, sculptures des XIXe et XXe siècles (Jean-Baptiste Carpeaux, Auguste Rodin), oeuvres des peintres niçois, Alexis et Gustav-Adolf Mossa, peintures flamandes du XVIe et XVIIe siècle (Jan Brueghel dit de Velours).
Au premier étage : art sacré des XIVe et XVIe siècles (Il Bronzino, Louis Bréa), Ecole de Barbizon (Camille Corot), réalisme et naturalisme (Gustave Courbet, MarieBashkirtseff), le salon Jules Chéret (1836-1932) dont le musée porte le nom, impressionnistes et post-impressionnistes (Claude Monet, Alfred Sisley, Kees van Dongen, Marie Laurencin, Raoul Dufy).

La collection fut initiée à partir d’un dépôt de l’État souhaité par Napoléon III après l'annexion de Nice à la France en 1860. Elle a ensuite été enrichie par une succession de donations de collectionneurs privés : Félix Ziem, Fanny Trachel, Marie Bashkirtseff, le Baron Joseph Vitta, Madame Dufy, Maurice Fenaille, la famille Mossa, et plus récemment par les legs d'Aline Avigdor et d'Ethel Messiah, et par les amis de Michel de Tarnowsky.

Le musée des Beaux-Arts est ouvert aux visiteurs tous les jours de 10.00 heures à 18.00 heures, sauf le lundi et certains jours fériés. 33 avenue des Baumettes 06000 Nice - www.musee-beaux-arts-nice.org 









28 septembre 2018

La villa Furtado-Heine

La villa Furtado Heine, dite villa des officiers, est située au 121 rue de France (au sud de la colline des Baumettes) avec un grand jardin donnant sur la Promenade des Anglais. En 1787, Lady Pénélope Rivers, grande dame anglaise, fit construire en 1787 une villa dans un style néo-classique. Elle est contrainte de fuir en 1792 et sa villa est confisquée, puis vendue aux enchères en 1800. Sébastien Grandis, un spéculateur niçois, l’achète et l’aménage pour la louer aux hivernants. Pauline Borghèse, la sœur de Napoléon, y séjournera deux fois en y menant un luxueux train de vie. En 1809, Marie-Louise de Bourbon-Parme séjournera également à la villa, et son fils, le futur Louis II Duc de Parme, y mourra en 1883. Rachetée après la Restauration par le banquier niçois Auguste Carlone, la villa changera encore une fois de propriétaire en 1883 au bénéfice de Cécile Furtado-Heine, riche fille et veuve de banquier. Madame Furtado Heine fait surélever la bâtissse d'un étage et fait réaliser un imposant portail d'honneur en fer forgé par l'architecte Sébastien Marcel Biasini. En 1895, elle offre la villa Furtado Heine à l’armée pour y établir une maison de repos pour les officiers, ce qu’elle est encore aujourd'hui

15 juin 2016

Le Château des Ollières



Le château des Ollières est l’un des derniers vestiges des « Folies » russes de la belle Epoque, et nous avons la chance de l'avoir dans notre beau quartier des Baumettes.
Bâti sur une demeure de campagne du milieu du XIXème siècle, le château des Ollières a pris en 1885 une allure gothico-vénitienne avec des influences mauresques après les travaux commandés à l’architecte polonais, Adam Dettloff, par le prince Borissovitch Lobanov-Rostovski (1824-1896). 
Ce dernier qui fut ambassadeur du tsar Alexandre II, puis ministre des affaires étrangères du tsar Nicolas II, avait acquis la propriété pour s’y installer et recevoir madame Chevillot (l’épouse de l’Ambassadeur de France à Constantinople) dont il était tombé amoureux.
La propriété a ensuite appartenu au Docteur Salvatore Mallo, puis à monsieur Joachim Nahapiet, consul général du Brésil, avant d’être transformée en hôtel 4 étoile dans les années 90 par Monsieur Fontana, époux de la fille du Consul
Depuis 2010, le Château des Ollières est une maison de retraite Korian de 84 lits pour personnes dépendantes, 39 avenue des Baumettes.
 

14 juillet 2015

Le Château de La Tour des Baumettes


Dominant la colline des Baumettes avec sa tour à l’horloge, le château de La Tour des Baumettes a un style néo-gothique qui semble sortir d’un autre temps.
Ne vous fiez pas à son apparence moyenâgeuse, le château de La Tour des Baumettes n’est pas aussi ancien. Il a été réalisé vers 1860 sur les ruines d’une ancienne tour de guet, pour le compte de la famille de Maurice Audiffret.
En 1878, la propriété est acquise (pour la somme de 162.500 francs) par le Comte Joseph Caravadossi, Comte d’Aspremont et Baron de Thoët de l’Escarène, un noble dont la famille est originaire de Sospel.
Ce militaire à la carrière brillante, est une personnalité de la vie mondaine niçoise de l’époque. Retiré à Nice en 1869, il préside le Comité des Fêtes et fonde la société des Beaux-Arts.
C’est l’architecte Louis Dunski (né à Varsovie en 1829 et mort à Nice en 1888) qui reconstruit et transforme le château de La Tour d'Aspremont aux Beaumettes, en y ajoutant des éléments de décors troubadours et mauresques, des tours crénelées, des échauguettes et mâchicoulis.
Le terrain de 3 hectares est loti en 1922 et le château transformé en copropriété d’appartements. Dans ce qui reste du parc, on trouve encore de très belles statues de dieux et d’animaux fantastiques.


Le Château de La Tour, 22 avenue Château de La Tour 06000 Nice.
L’entrée de la propriété est fermée par un portail et l’accès réservé aux copropriétaires.



22 février 2015

Un Roi et un Pape dans la plaine de la Baumette




























En 1538, le Pape Paul III Farnèse invite l’Empereur Charles-Quint et le Roi François Ier à Nice, pour tenter une médiation entre les deux grandes puissances catholiques, la France et l’Empire Austro-Hongrois.
-   - Charles-Quint arrive avec sa flotte de 28 galères le 9 mai 1538, dans la rade de Villefranche et y établit sa résidence
-   - Le Pape Paul III arrive à Nice le 17 mai, à bord d'une galère impériale; il est hébergé dans le couvent des Franciscains de l’Observance (site actuel de la Croix de Marbre)
-     - François Ier arrive le 31 mai et s’installe, avec sa cour et son armée, au Château de Villeneuve-Loubet

Cette rencontre politique historique va avoir lieu à Nice, dans ce que l’on appelle, à l’époque, la plaine de la Baumette

L'événement sera appelé le "Congrès de Nice" et mettra fin à la huitième guerre d'Italie. En voici le récit fait par le grand historien niçois, l’abbé Pierre Gioffredo :

Un Roi et un Pape dans la plaine de la Baumette
"D’abord arrivèrent 700 lances, qui occupèrent les collines environnant le lieu choisi pour la rencontre, d’où elles surveillaient toute la vallée. A 16 heures, un grand nombre de prélats et de nobles français commencèrent à arriver, suivis du capitaine Manès avec cent bons cavaliers, tous grecs ou macédoniens, suivis des 80 chevau-légers du comte Guillaume. Plus loin venait le grand connétable avec le seigneur César Fregoso et une infinité de cavaliers italiens et français et M. d’Annebault, ce qui faisait en tout une unité de 400 très beaux cavaliers. Arrivèrent ensuite les lances dudit comte Guillaume, en nombre égal et en bon ordre, puis cent quinze rangs d’arquebusiers disposés sept par sept, trente-sept rangs de piquiers protégés par des cuirasses, vingt et un rangs de hallebardiers, neuf enseignes, neuf autres rangs de hallebardiers, cent cinquante rangs de piquiers disposés cinq par cinq, également pourvus de cuirasses, soixante dix-huit rangs d’arquebusiers disposés trois par trois, suivis par le comte de Nassau qui conduisait 250 hommes d’armes, ce qui faisait en tout environ mille cavaliers. Derrière eux venait une troupe de lanciers légers et les gentilshommes de la garde du roi au nombre de 200 avec 600 chevaux de grande beauté, très richement harnachés, puis le duc de Lorraine avec 100 cavaliers et un grand nombre de seigneurs français, et enfin le Dauphin, le duc d’Orléans, M. de Saint-Pol, Hippolyte d’Este, archevêque de Milan. Derrière eux venait Sa Majesté Très Chrétienne montée sur un très grand cheval, couvert de velours bleu brodé d’or. Elle était vêtue de la même couleur. Les manches et les ouvertures de ses vêtements étaient tout boutonnés d’or et de très riches joyaux. Il y avait une plume bleue sur son chapeau, identique à celle que le cheval portait sur sa têtière. Le cheval volta deux fois avec tant d’habileté que chacun en resta admiratif. C’est dans cet ordre que le roi chevauchait, avec à ses côtés les deux cardinaux, Gaspard Contarini, vénitien, et Jérôme Ghinucci, siennois, que le Pape avait envoyé à sa rencontre. Il alla ainsi jusqu’à la maison de la Baumette, où les unités d’infanterie s’étaient rangées en bataille du côté de la terre et la cavalerie dans la plaine qui s’étend le long de la plage sur la longueur d’une portée d’arbalète, s’étant réunie en un seul escadron. Suivi de ses archers, le roi s’approcha du lieu où se tenait le Pape. Deux autres cardinaux vinrent à sa rencontre, Innocent Cibo, génois, et Antoine Sanseverino, napolitain. Ils laissèrent le roi au milieu d’eux et les deux autres cardinaux marchèrent deux pas en arrière. Sa Majesté descendit de cheval et baisa les pieds du Pape à genoux. Le roi ne se releva qu’après de nombreuses invitations à le faire et garda son chapeau à la main. Trois fois, à la demande pressante du Pape, il remit son chapeau sur sa tête mais, à chaque fois, avec beaucoup de respect, il se découvrait à nouveau. Une fois les discours achevés, le roi présenta au Pape ses deux fils susnommés, c’est-à-dire le Dauphin et le duc d’Orléans. Ce dernier les accueillit avec une grande joie et affection. Puis le roi se retira dans une pièce avec Sa Sainteté et s’entretint seul à seul avec Elle durant plus de quatre heures, c’est-à-dire jusqu’à vingt-trois heures trente".

Image : Taddeo Zuccaro, La Trêve de Nice (1538),
Caprarola, Palais Farnèse, vers 1565

18 janvier 2015

Li Baumeta, la chanson des Baumettes

Le quartier des Baumettes est tellement exceptionnel qu’il a sa propre chanson :
« Li Baumeta ».
Il s'agit d'un texte du chansonnier niçois Bernard Saytour-Martin (1791-1875) qui a chanté les charmes des Baumettes au XIXème siècle.
La chanson « Li Baumeta » est une anthologie de 35 couplets qui met en valeur le quartier des Baumettes, ainsi que les spécialités culinaires et potagères de Nice.
On y apprend ainsi qu’aux Baumettes, on respire un bon air, que ce n’est jamais l’hiver … que le quartier des Baumettes est un « petit Paris » et « un beau Paradis ! ».

En voici un extrait :

A li Baumèta,
Si respira un bouon èr,
A li Baumèta,
Noun li a jamai d'ivèr ;
Trouvas palai, jardin,
Guingueta e de bouon vin,
De poulidi fiheta
Filon sus lou camin,
La coulougnèta.

Au mes de Flora,
O sia en lou printèmp,
Au mes de Flora
Viron lou mai souvènt.
Caduna va sautà,
Caduna va ballà,
Deguna noun descouora ;
N’en vouolon profità,
Messié e nouòra.

Aqui si trova
De pèu e de favoun ;
Aqui si trova
Toumetta e saucissoun.
E per pescà de pèi,
La mar es souta l’uèlh,
Au ban de Terra-Nova
Lu merlan soun tre bei,
Fes-n’en la prova.

Qu es que devina
Aquela qu’aimi iéu ?
Qu es que devina ?
Escoutas, lou vous diéu :
A de jupoun tout blanc,
Boutoun d’or au mitan,
Bourdura cremesina ;
Dei bouosc, de prat e camp
Es la regina.

Dès oura picon,
Fau virà lu taloun.
Dès oura picon,
Fau regagnà maioun.
Van trià lu couhin,
Li cìmia au traversin,
E se li niera piton,
Graton fin au matin
E mai noun quiton.

Lou matin càlon
E si vènon poustà,
Lou matin càlon,
Si vènon assetà :
Cerièia, pruna e poun
Lemplon lou bourdigoun ;
Veguessias couma embalon !
Finda lu merihoun
Entié s'avalon !

Su cada planta
Nidon lu passeroun,
Su cada planta
Audès lou siéu jargoun ;
Merlou e roussignòu,
La calàndra, que vòu
Imità coura canta,
Fa toute cenque pòu
Ma noun s’en vanta.

La merenjaina
Farcida està bèn,
La merenjaina,
L'archicota tambèn,
Mà pèr implun li fau
D'oli, de froumai, d'óu
Embé d'especia fina,
Verdura, aietoun nóu,
Crousta en farina.

….

Belli Baumèta,
Siès un pichoun Paris,
Belli Baumèta
Siès un bèu paradis ;
Anglés, Russo, Alleman
Da vous trovon bouon pan,
Bouon vin en li boutèta
Un climà dous e san,
Un souol qu'alèta.


9 décembre 2014

Arsène Lupin aux Baumettes ?

















Si Arsène Lupin, le célèbre gentleman cambrioleur, n’a pas fini à la prison des Baumettes, son créateur, l’écrivain Maurice Leblanc (1864-1941) a, quant à lui, séjourné sur la colline des Baumettes.

A partir de 1889, Maurice Leblanc partage sa vie entre la côte normande du côté d’Etretat et la Côte d'Azur. A Nice, il loge à différents endroits, dont la villa de sa première épouse. En 1911, il séjourne sur la colline des Baumettes, dans le Grand Hôtel des Baumettes qui est situé à proximité de la propriété "Les Abeilles" appartenant à Maurice Maeterlinck. D’ailleurs, la cantatrice Georgette Leblanc, sœur cadette de Maurice Leblanc, sera la compagne de l’écrivain belge pendant 23 ans.

Un journaliste de l’époque, Georges Maurevert (qui sera un collaborateur régulier du Petit Niçois et de L'Eclaireur de Nice) rencontre Maurice Leblanc et témoigne : "Dans un jardin, sous un citronnier, un homme écrivait. Un châle vert couvrait ses épaules, un large chapeau, son front, une grosse moustache, sa lèvre. Devant lui s’étendait le vieux Nice, dont les toits rouges brillaient entre les orangers, les néfliers, les amandiers aux fleurs naissantes. Des pétales tombaient sur les feuillets".
Voyant arriver Maurice Maeterlinck accompagné du journaliste, Maurice Leblanc lève lentement la tête et dit : "Je suis avec le chef de la sûreté, dans un égout secret, de la vase jusqu’aux yeux... Ah ! Avoir seulement une allumette..."
A ce moment, un citron se détache d’une branche et roule sur la table. Le romancier ramasse le fruit, le considère, et écrit : "Une pierre se détacha de la voûte. Arsène Lupin la reçut et l’examina avec ses doigts. Elle était molle, de forme oblongue et de couleur jaune clair. Il l’écrasa dans sa main irrésistible. L’acide citrique lui piqua légèrement la peau.
- Sauvé !... murmura-t-il, en jetant un regard de victoire vers le chef de la sûreté. Mais celui-ci avait disparu !" 

A Noter : la villa "Les Abeilles" n'existe plus aujourd'hui; elle a été remplacée par une copropriété qui porte le nom de "Les Résidences Maeterlinck" dont l'adresse est le 66 avenue des Baumettes.
Quant au Grand Hôtel des Baumettes, il existe toujours, mais est devenu un immeuble d'habitation qui porte le nom de "Château des Baumettes", au 16 avenue des Baumettes.

"Arsène Lupin, Gentleman-Cambrioleur" (1907) est le premier livre dans la série de Maurice Leblanc «Les Aventures Extraordinaires d'Arsène Lupin». Quant à Maurice Leblanc, il fait partie des nombreuses personnalités qui ont séjourné ou vécu dans le quartier des Baumettes.
Serge Cajna


La colline des Baumettes : le plus beau quartier de Nice !

Pourquoi aimez-vous le quartier des Baumettes ?  1- Un quartier vert au charme discret 2- Un quartier proche du centre et du bord de mer...